1520 Madeleine

Madeleine de Valois, Corneille de Lyon, c1536.

Désolé d’être si silencieux en ce moment, mais je suis jusqu’aux OREILLES dans les deux livres sur lesquels je semble travailler en même temps – la suite de Minette et un autre se déroulant au XVIe siècle, dont je ne me sens pas encore prêt à parler mais dont je vais probablement en dévoiler davantage dans la plénitude du temps. Quoi qu’il en soit, bien que je sois assez secret sur ce dernier projet (principalement parce qu’il sort de ma zone de confort et donc je ne sais pas à quel point il est viable), je voulais écrire un tout petit peu aujourd’hui sur un petit conte triste qui en comporte beaucoup et qui me fascine depuis un bon moment.

Madeleine de Valois est née à Saint Germain en Laye le 10 août 1520, cinquième enfant de François Ier de France et de sa femme Claude, longtemps souffrante, duchesse de Bretagne à part entière, étant la fille du prédécesseur de son mari Louis XII et de son épouse, Anne de Bretagne. Si glorieuse soit leur ascendance, la génétique n’était pas du côté de la famille Valois, dont la dynastie finirait par prendre fin avec l’assassinat d’Henri III deux générations plus tard pour être remplacée par les Bourbons beaucoup plus robustes.

La pauvre petite Madeleine, si adorée et caressée par ses parents, était une Valois typiquement maladive et serait élevée loin de Paris dans le cadre bien plus salubre des châteaux royaux de la Vallée de la Loire, où l’air était considéré comme plus pur et plus sain. Malheureusement, ces soins à sa santé n’empêchèrent pas Madeleine de développer la tuberculose et d’affaiblir davantage sa constitution.

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Madeleine de Valois, Jean Clouet, c1522.

Les perspectives matrimoniales de Madeleine avaient suscité un grand intérêt dès sa naissance, l’implication continue de son père dans les guerres européennes en cours et leur hachage et changement de traités et d’allégeances associés, ce qui signifie qu’il était particulièrement désireux de jeter des ponts avec ses collègues monarques. Cependant, François aimait sincèrement sa fille et résolut qu’il ne risquerait en aucun cas sa santé en l’exposant aux rigueurs du voyage dans un nouveau pays ou, plus alarmant encore, aux dangers de l’accouchement.

L’un des prétendants les plus persistants à la main de Madeleine était Jacques V, roi d’Écosse, qui s’était vu promettre une alliance avec l’une des filles de François aux termes du traité de Rouen de 1517, destiné à renforcer la prétendue Auld Alliance entre l’Écosse et la France, destinée à maintenir leur ennemi mutuel, l’Angleterre prise en sandwich entre elles dans un état de suspense. La réputation de l’Écosse en tant que royaume froid et peu hospitalier avec une longue tradition de rois mourant bien avant leur temps, soit au combat contre les Anglais, soit aux mains de leurs sujets, l’avait précédée et, naturellement, François était extrêmement réticent à envoyer sa fille délicate dans un tel endroit, malgré les assurances des Écossais qu’elle serait traitée avec le plus grand soin.

Il n’aimait pas non plus la personne de son futur époux, Jacques V, qui avait huit ans de plus que sa fille et n’avait pas le grand charme personnel et le charisme de ses parents Jacques IV d’Écosse et Marguerite Tudor, sœur d’Henri VIII, bien qu’il ait eu la chance d’hériter de leur beauté. Cependant, François tenait toujours à garder l’Écosse de son côté et il offrit à Marie de Bourbon, la fille du duc de Vendôme, comme épouse à la place, pensant que les termes du traité pourraient être étirés pour permettre la substitution d’une noble française à une vraie princesse. Comme on pouvait s’y attendre, Jacques, qui avait un sens très élevé de sa propre importance, fut massivement offensé par la suggestion de François, y voyant une insulte voilée à la fois de lui-même et de son pays, mais après le va-et-vient diplomatique prolongé, qui comprenait une assurance de François que, bien qu’il ne fournisse peut-être pas une vraie princesse fide, il offrait une dot digne de princesse pour aller avec Mademoiselle de Bourbon, Jacques accepta finalement le match et en 1536, l’annus horribilis des mariages royaux, se prépara à se rendre en France pour réclamer son épouse.

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Jacques V d’Écosse, Corneille de Lyon, vers 1536.

Comme on pouvait s’y attendre, tout allait se terminer par une déception pour la pauvre Marie de Bourbon, qui était parfaitement bien élevée et même assez belle d’une manière plutôt pudique, mais n’avait aucun des charmes délicats de Madeleine, âgée de seize ans. James ne posa pas plus tôt les yeux sur la princesse qu’il déclara qu’elle était son épouse choisie et quant à Madeleine, elle tomba éperdument amoureuse des cheveux roux et de la beauté de son prétendant écossais.

Face à cette romance naissante, François fit de son mieux pour tenir fermement sa position selon laquelle Madeleine était beaucoup trop précieuse et délicate pour faire le voyage en Écosse, mais se sentit finalement obligé de capituler et de céder à la demande de sa fille qu’elle soit autorisée à épouser le roi écossais. Après tout, il avait fait de son mieux pour la protéger des rigueurs potentielles de la vie royale et la sauver de la perspective de vivre ses jours en Écosse où elle risquerait, selon lui, d’être assassinée ou de mourir en couches. À la fin, cependant, François, sentant peut-être que la santé délicate de Madeleine signifiait qu’elle n’était pas susceptible de vivre très longtemps de toute façon, donc elle pourrait aussi bien avoir un vrai bonheur d’abord, céda et les fiançailles furent dûment arrangées, la malheureuse Marie de Bourbon étant consignée dans le Tas de Ferraille de l’Histoire. Elle mourut peu de temps après – de honte, murmurèrent certains, d’avoir été si crûment et publiquement réprimandée par le roi écossais.

Madeleine s’est mariée à Jacques le jour de l’An 1537 lors d’une cérémonie opulente à la cathédrale Notre-Dame de Paris, où seulement vingt et un ans plus tard, la future fille de son époux, Marie Reine d’Écosse, sera mariée à son neveu, le Dauphin François, soulignant et renforçant ainsi une fois de plus les précieux liens entre la France et l’Écosse.

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Palais de Holyroodhouse. Photo : Mélanie Clegg.

Malheureusement, comme son père l’avait prédit, la vie conjugale allait avoir un effet néfaste sur la santé déjà précaire de Madeleine, qui s’amenuisait brusquement malgré tous les soins que son nouveau mari, encore épris de sa jeune épouse, prenait d’elle. Bien que le couple soit normalement parti pour l’Écosse juste après la fin de leurs célébrations nuptiales, qui impliquaient les fêtes habituelles, les bals, les joutes et les masques, François, terrifié par la perspective de perdre sa fille et sûr qu’il ne la reverrait plus une fois qu’elle aurait quitté la France, fit tout ce qu’il pouvait pour retarder leur départ, arguant qu’elle était beaucoup trop délicate pour supporter un hiver écossais tout de suite et devait plutôt arriver dans ce pays au printemps plus sain.

À la fin cependant, il dut la laisser partir et Madeleine et Jacques partirent pour l’Écosse en mai 1537, mettant fin à leur longue lune de miel française. Pâle, toussant sans relâche et dépourvue d’énergie, il était clair que la reine d’Écosse de seize ans n’était pas longue pour le monde et que ses adieux avec sa famille devaient être particulièrement touchants.

Le couple royal et son entourage, qui comprenait plusieurs préposés français dont son ancienne gouvernante et un médecin pour la nouvelle Reine ainsi qu’une gamme éblouissante de cadeaux de mariage de son père, arrivèrent à Leith le 19 mai et se rendirent immédiatement à Holyroodhouse, que Jacques avait l’intention de rénover dans le style somptueux et confortable d’un château français en l’honneur de sa femme et d’abriter la rançon du roi des meubles et objets d’art qu’elle avait apportés avec elle.

Au début, au milieu de l’excitation d’arriver à sa nouvelle cour et de prendre ses fonctions de reine, il semblait que la santé de Madeleine pouvait se redresser, mais ces espoirs furent rapidement anéantis lorsqu’il devint évident qu’elle était plus malade que jamais et déclinait rapidement.

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Abbaye de Holyrood, dernier lieu de repos de Madeleine de Valois. Photo : Mélanie Clegg.

La fin inévitable arriva à Holyroodhouse le 7 juillet 1537, lorsque la pauvre Madeleine respira son dernier souffle dans les bras de son mari. Elle était à un peu plus d’un mois de son dix-septième anniversaire et vivait en Écosse depuis moins de deux mois. La petite Reine a été enterrée en grande pompe et en cérémonie à l’abbaye de Holyrood, qui se trouve à côté du palais et son veuf a donné toutes les apparences d’être totalement dévasté par sa disparition prématurée mais tout à fait prévisible – en fait, il écrivait déjà à son père pour demander qu’un autre match français soit organisé, seulement cette fois avec quelqu’un de plus robuste et donc plus susceptible de survivre au climat écossais et de produire les héritiers dont il avait cruellement besoin.

Si François était consterné par ce que pouvait interpréter le comportement plutôt insensible de son gendre, il le cacha bien et, en temps voulu, un autre match fut arrangé – cette fois avec la veuve Marie de Guise, Duchesse de Longueville, qui était veuve exactement un mois avant son futur époux et qui avait déjà prouvé par fécondité en produisant un fils et héritier pour le titre de Longueville.

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